Ecrit par Leslie le 9 novembre 2009
Hier, Wayne Rooney a dû se dire que le football était réellement un sport compliqué, 22 hommes (voire plus) jouent pendant 90 minutes et, à la fin, les Blues gagnent toujours (sauf en ligue des champions). Récit d’un match entre les deux meilleures équipes Anglaises du 21ème siècle.
« Vous me reconnaissez » ? « Vous êtes Didier Drogba, l’arnaqueur ? » « Oui ! »
Le match
Un match tactique, physique. Un Chelsea au complet qui aligne toutes ses stars (et ses intermittents du spectacle, Deco et Ballack confirmeront) et un Manchester United qui se présente sans Ferdinand (toujours blessé), Vidic (encore léger), Berbatov (trop juste). Exit le 4-4-2, welcome le 4-5-1 ligue des champions, avec Fletcher et Anderson à l’impact et Carrick qui distille. Une formation qui a fait ses preuves, et qui va confirmer une fois encore.
Pour ainsi dire, Chelsea n’a que rarement eu l’occasion de franchir les 25 derniers mètres des Reds Devils, tant la pression exercée par un Fletcher des grands soirs et par un Valencia volontaire auront gêné toute tentative de construction du jeu des Blues. Evans et Brown ont donc passé une soirée tranquille, tout le contraire d’une arrière garde Londonienne rapidement testée par les intentions de Rooney ou la vitesse d’un Valencia, qui ne cesse de progresser.
Et finalement, c’est l’image à retenir de la soirée : un Manchester qui monopolise le ballon, le fait tourner (parfois trop tourner), frappe (dégommant les dernières mouettes de Cantona) et un Chelsea patient, qui plie mais ne rompt pas. Dans ce match ultra-tactique, Les Mancuniens ont été dominateurs dans tous les compartiments du jeu. Tant techniquement que collectivement et tactiquement, il y avait une classe d’écart entre des Reds Devils volontaires et des Blues prudents. Mais cela ne suffit pas toujours, et Chelsea a fait une Manchester 2008-2009 : une victoire difficile, 1 but à la 75ème et on ferme boutique. En somme, l’opération d’un champion.
Concrètement, ce n’est pas tant la victoire de Chelsea qui est critiquable que la manière et l’influence certaine de l’arbitre Atkinson, qui démontre une fois encore que l’arbitrage Anglais est mort. Une erreur d’appréciation qui empêche Rooney, couvert par A. Cole, de se retrouver face à Cech, une erreur d’appréciation sur la faute de Fletcher qui entraîne le coup-franc et le but de Terry, facilité par une faute de Drogba sur Brown, un Drogba hors-jeu au passage. 4 fautes graves, dont 3 sur la même action. Sans oublier les oublis (Evans qui se fait plaisir sur le torse de Drogba, Ballack qiu distribue les baffes plus vite qu’un maçon portugais ne fabrique une maison, etc). Ajoutez le tout, vous obtiendrez un match au parfum douteux.
Curieusement, le Fergie time a meilleure presse. Mais qui veut faire le compte des buts inscrits par Chelsea dans la limite des arrêts de jeu, sur des hors-jeu (le dernier face à Bolton, par exemple) ?
Une victoire tout en modestie.
Les joueurs
Du côté de Chelsea, un bon Cech, sûr et solide dans ses interventions, en dépit d’un jeu aux pieds toujours aussi hésitant.
Devant lui, Ivanovic a imposé un défi physique colossal à Ryan Giggs, avant d’avoir plus de difficultés lors de l’entrée de Obertan, plus vif. L’axe central a été déterminant, avec une doublette à la soirée contrastée : si Carvalho a eu beaucoup de mal à contenir Rooney, Terry a inscrit le but salvateur et souvent sauvé les errements de son coéquipier. Quant à A. Cole, la puissance de Valencia l’a fait souffrir.
Au milieu, Essien a été assez discret, étant complètement dépassé par l’engagement de Fletcher et l’énergie de Anderson. Lampard a fait un match propre, récupérant de nombreux ballons et participant au défi physique, tout le contraire d’un Ballack, encore une fois médiocre et plus porté sur le baffe que sur le ballon. Quant à Deco, il parait qu’il a joué. Enfin, j’ai lu ça dans la presse du jour.
Devant, Anelka a été le joueur le plus remuant, décrochant souvent et tentant de faire la différence sur sa vitesse. Quant à Drogba, il confirme son incapacité à prendre en défaut les grosses équipes. Totalement dominé par Evans (encore une fois !).
Pour Manchester United, Van der Saar a fait un bon match, particulièrement sûr dans ses sorties et spectaculaire sur une frappe de Anelka.
O’Shea a essayé de créer le surnombre devant. Essayé seulement, en raison d’une faiblesse technique toujours évidente. Bien plus rassurant derrière, à la différence de Evra, phénoménal dans sa prise de risque et dans ses montées, un peu décevant dans son repli défensif. La charnière centrale composée par Evans et Brown a été excellente, bien aidée en cela par l’abattage de Fletcher, homme du match malheureux à mon sens, et de Anderson, après une première mi-temps poussive. Carrick a été prudent dans ses choix, cherchant davantage la sécurité que l’audace.
Une audace que Giggs n’aura pas eu, jouant souvent à contre-temps, le Gallois s’est même permis de rater une occasion sur un caviar de Rooney. Valencia quant à lui a apporté toute sa vitesse, toute sa puissance, et toute son abnégation. Encore un match solide, donc. Enfin, last but not least, Rooney. Discret en première mi-temps, mais utile dans son impact physique et sa volonté de jouer dans les intervalles, sa seconde mi-temps est un régal : multiplication des gestes techniques, domination physique de Terry (un exploit !) et Carvalho, aide dans le repli défensif, un match plein.
Au niveau des remplaçants, Joe Cole et Kalou ont tenté d’apporter de la vitesse dans le jeu des Blues, Alex de l’impact physique. Pour Manchester, Owen et Obertan sont rentrés trop tardivement, même si le second a encore fait une bonne entrée, apportant toute sa vitesse et multipliant les dédoublements avec Evra et Rooney.
Et maintenant ?
Et maintenant, Chelsea est leader avec 5 points d’avance, et Arsenal second avec un match en moins. Manchester a montré certaines limites dans la construction du jeu : trop de gâchis, comme le confirme Ferguson en conférence d’après-match.
Contrairement à la légende urbaine, le titre reste en jeu. Chelsea lâchera des points entre Décembre et Janvier, période de la CAN, et Manchester reste une équipe en rodage, programmée pour exploser dès la fin Décembre, comme chaque année.
Finalement, la bonne affaire du jour est pour Arsenal, qui s’empare de la seconde place.
A fucking disgrace …
P.S.: parce que je ne m’en lasse pas, voici la tentative de simulation d’un malaise de Drogba. L’histoire retiendra que, 30 secondes après, il courait, le bougre.

Pour une fois que ce n’est pas sa bouche qui est sur la pelouse !